4 décembre 2025 | Le Billet de Mathilde
Notre amie Mathilde est quelqu'un de foncièrement optimiste. Depuis un peu plus de six millions d'années, où l'homme est apparu sur notre terre, non seulement il a survécu, mais il n'a jamais cessé de progresser. Avec une accélération inouïe au siècle dernier. Les conditions de vie n'ont fait que s'améliorer ; sur le plan de la santé, les grandes épidémies comme la peste ou le choléra, fléaux du Moyen Age, ont été vaincues. D'autres apparaissent comme le cancer, le sida, la maladie d'Alzheimer, le covid que nous apprendrons à soigner pour en voir surgir de nouvelles, sans doute. La plus grande victoire est sans contexte celle remportée sur la mortalité infantile. Le confort de nos maisons était impossible à imaginer pour nos ancêtres les plus proches. Techniquement et matériellement la réussite est visible. Qu'en est-il de notre humanité ? Les riches sont de plus en plus riches et puissants et les pauvres de plus en plus pauvres. Au nom du profit de quelques-uns on sacrifie l'avenir – et jusqu'à la survie – des peuples ou des individus les plus fragiles. Nous ne croyons plus, pour la plupart d'entre nous ni en Dieu ni en Diable. Dans certains contextes de troubles et de violence, il semblerait que nous régressions jusqu'au stade du prédateur sauvage, sans foi ni loi. Car notre consistance est de matière. Nous ne conjuguons plus que le verbe «avoir» et nous ignorons définitivement l'«être». Parce qu'il est du domaine de l'intime. Le chemin de l'esprit est celui de notre liberté intérieure qui, comme le jardin d'Eden, doit se cultiver un peu chaque jour. En faisant, par exemple chaque soir son examen de conscience sur les événements de la journée. Cela permet, au fur et à mesure, de voir si l'on s'est trompé ou non et de rectifier, de réparer. Persister dans la bonne voie. Le «Primum non nocere» d'Hippocrate : vérifier que, à défaut de faire du bien, on n'a pas mal agi, même involontairement. Les muscles de l'âme, comme les abdominaux, s'entretiennent au quotidien.