27 novembre 2025 | Le Billet de Mathilde
Comme chaque année à cette époque, nous avons fait avec Mathilde «Noël avant Noël» puisque elle ne célèbre plus les fêtes depuis qu'elle n'a plus de famille. Elle était enchantée de cette fête avant la fête et aussi de pouvoir rester seule, tranquillement chez elle, pour la fin de l'année. Elle a dit avoir été désolée d'apprendre que ses voisins, aux revenus limités, avaient fait un gros emprunt pour pouvoir s'offrir un séjour de rêve à la montagne.
La précarité génère une angoisse chez les plus pauvres qui semble se régler en dépensant toujours davantage. Avec pour conséquence un surendettement et un appauvrissement encore plus grand. Qu'il manque ou qu'il soit en excès, l'argent est au centre de tout, pour tous. On dit que certains secteurs sont gravement touchés, comme le bâtiment ou le petit commerce. Pourtant d'autres sont en pleine expansion comme les banques et les assurances – c'est une véritable surenchère de travaux dans leurs agences avec les matériaux les plus coûteux -. Les clients peuvent-ils se sentir valorisés de voir ainsi leur argent gaspillé ?Les hypermarchés s'agrandissent, se rénovent et se multiplient au fur et à mesure que le pouvoir d'achat du consommateur moyen diminue. Notre société se conjugue de plus en plus avec le verbe «avoir». «Etre» ne vaut plus rien. Qui se préoccupe encore du Bien et du Mal ? Qui entretient sa vie spirituelle ? Ceux qui font voeu de pauvreté dans notre monde sont considérés comme des fous dangereux – ils pourraient faire des émules et amener certains à s'interroger. A propos de Noël, si le Christ revenait parmi nous, ne serait-il pas rapidement pris en mains par un psy et interné, s'il persistait dans ses enseignements ?